Niet blij met je aankoop? Geeft niet! Je kunt artikelen tot 30 dagen retourneren
Met een cadeaubon zit je altijd goed. De ontvanger kan de cadeaubon voor alles uit ons assortiment inwisselen.
Tot 30 dagen retourrecht
En février 1943, la loi instituant le Service du travail obligatoire jette près de deux cent mille jeunes Français dans la clandestinité. La Haute-Savoie est, avec la Corrèze, le département où le refus est le plus massif. Dans les vallées du massif des Bornes, des camps de réfractaires se forment. L'un d'eux deviendra le maquis le plus actif du département.
Le corps franc Simon doit son nom à François Servant, né à Dinard en 1925, routier scout à Lyon, arrivé en Haute-Savoie au printemps 1943. À dix-huit ans, ce garçon s'impose à des hommes plus âgés que lui et prend la tête d'un groupe qui choisit l'action immédiate plutôt que l'attente du débarquement. Tom Morel, chef des maquis de l'Armée secrète du département, reconnaît en lui une forte personnalité et ne le lâchera plus.
Pendant cinq mois, le corps franc opère entre le Petit-Bornand, Thorens, Annecy, La Roche et Frangy. Il désarme les gendarmes pour se procurer des armes que Londres ne livre pas, pille deux fois les stocks de l'organisation pétainiste Jeunesse et Montagne pour vêtir ses hommes, réquisitionne des véhicules, sabote, harcèle l'administration de Vichy. Ses victimes sont presque toutes françaises : gendarmes, miliciens, fonctionnaires. Cette guerre livrée à l'État français autant qu'à l'occupant allemand pose une question que ce livre n'élude pas.
En janvier 1944, l'étau se resserre. La Milice de Darnand obtient les pleins pouvoirs, la Gestapo est présente depuis l'occupation allemande de septembre 1943, et le groupe doit abandonner son fief de Thorens pour le secteur de la Semine. Le 22 janvier, il tend une embuscade au sous-préfet de Saint-Julien-en-Genevois sur le pont de la Caille. Le sous-préfet en réchappe indemne. L'historien Claude Barbier parlera d'une opération de trop.
Tout s'effondre en soixante-douze heures. Le 23 janvier, Simon est mortellement blessé et capturé. Le 24, quatorze de ses hommes, partis le délivrer alors qu'ils le savaient intransportable, tombent sur un convoi de la Wehrmacht à Saint-Martin-Bellevue. Onze sont fusillés le soir même. Une semaine plus tard, Tom Morel fait monter ses premiers hommes sur le plateau des Glières.
De la vie quotidienne dans les camps de réfractaires à l'intendance d'une troupe cachée en montagne, des complicités villageoises aux parachutages alliés, de la pénurie d'armes à la répression de l'hiver 1944, ce récit documenté restitue le fonctionnement concret d'un maquis savoyard. Il interroge aussi l'oubli dans lequel ce groupe est tombé, et ce que cet oubli dit des récits que la France s'est donnés de sa Résistance.
Hoi! Ik ben Libroamiko, je boekadviseur.
Hoe kan ik je helpen?